Le bon porc

La pratique de « faire boucherie » à la ferme est en voie de disparition en Suisse. Déjà, elle n’est plus guère pratiquée que pour les petits animaux et les porcs, car les veaux et le gros bétail posent des problèmes d’hygiène et d’entreposage délicats. En outre, les abattages artisanaux ne doivent servir qu’à la consommation personnelle des familles paysannes. Ainsi, les législations hygiénistes et le poids des contraintes officielles font peu à peu disparaître ces pratiques traditionnelles.

Dans ma région, je documente ces dernières boucheries depuis l’an 2000. Il n’y a déjà plus qu’un seul boucher-paysan qui continue, par amitié, à faire boucherie chez deux paysans de mon village, Le Vaud.

Les porcs d’environ 200 kilos sont prêts en décembre ou janvier. Le paysan nourrit ses bêtes soigneusement et les prépare aux derniers instants avec ménagement. Il leur parle avec affection et le moment fatidique se passe sans cris ni hurlements.

La boucherie est l’occasion d’inviter des parents et des amis, jeunes ou vieux, pour donner un coup de main tout au long d’une journée qui se déroule dans la bonne humeur.

Les photographies sont prises sans flash, toujours sur le vif, avec du film sensible Ilford 3200. Les conditions de prise de vue étaient souvent très difficiles : pas de recul et lumière parcimonieuse ! Je me suis fréquemment retrouvé au 1/30e de seconde à l’intérieur, voire au 1/15e, toujours à main levée. Boîtier Hasselblad 500 CM, objectifs 50 et 80 mm. Quasiment rien au 150 mm.